Histoire et Généalogie de ma famille par Angélique SAVARIAT
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3 septembre 1944

En cette fin d'été 1944, la Résistance fut très active autour de Pontailler, où les maquis étaient nombreux. Outre les action de guérilla (attaque de convois et d'allemands isolés) menées un peu partout, la Résistance réussit des opérations spectaculaires : déraillement dans la tranchée entre Vonges et Pontailler (maquis Pierre Senard de longchamp), destruction des écluses (maquis de Pesmes) et du barrage d'Heuilley (maquis d'Essertenne), déraillement d'un train sanitaire (groupe de Talmay-Maxilly), réquisition de dizaines de tonnes de sucre (tous les maquis, dont certains fort éloignés), sabotage de la grue du port de Maxilly (groupe local) et surtout déraillement à Talmay, sabotage de la grue relevant les wagons, capture d'un groupe de 96 Allemands en train de déblayer les voies, mise hors de combat du poste de garde de Maxilly.(Actions menées par BDU3).

Prise d'otage

Fou furieux, le commandant allemand veut faire un exemple. Le 3 septembre, il ordonne la rafle des hommes de 16 à 60 ans, de Talmay et Maxilly, puis les villages seront brûlés. Quatre-vingt-deux otages sont embarqués dans deux wagons tirés par un train blindé, et emmenés en déportation.


Sauvés par l'aviation alliée

Les otages passent la nuit à Auxonne, puis le convoi est dirigé sur Genlis qu'il ne dépassera pas. En effet, le 4 septembre, des chasseurs alliés mitraillent le train à plusieurs reprises. La locomotive est hors d'usage et la voie a beaucoup souffert. Les otages sont ravitaillés par les vantaux des wagons, grâce à Monsieur Patouillet. Puis commence une interminable attente : des camions allemands doivent venir prendre les otages.

Libérés grâce aux cheminots

Après de longues tractations avec les Allemands, le chef de gare, Mr Pautot et le cheminot Marcel Prost obtiennent enfin la libération des 82 otages qui rejoignent à pied leurs villages respectifs. Ceux-ci, abandonnés par une grande partie de la population, ne brûlèrent pas, sauvés par l'arrivée d'un nouveau commandant allemand qui avait décidé d'abandonner les représailles. Le drame avait été évité de justesse.
A citer la belle conduite de plusieurs habitants de Maxilly :Maurice Savariat (17 ans) et Pierre Ménelon (15 ans)avaient réussi à échapper à la rafle et à gagner Heuilley. Au port Saint-Pierre, interceptés par une patrouille du maquis BDU3, ils avaient pu mettre le chef de ce dernier au courant des événements. Le chef du maquis confie à Savariat un pli pour le maire de Maxilly, contenant un ultimatum pour le commandant allemand :<<Si les villages sont brûlés ou les otages exécutés, je fais fusiller 1000 prisonniers. Ils sont en réalité une centaine que détient le maquis.
De son côté, dés l'après-midi du 3, Andrée Hennequin n'avait pas hésité à traverser le canal pour aller elle aussi prévenir le maquis BDU3.
Un pèlerinage annuel fut longtemps organisé sur les lieux où les otages avaient été libérés, grâce aux cheminots.
De nos jours, les deux villages, chaque année commémorent cet événement devant le monument aux morts.

Figurent parmi les otages : mon grand pére Joseph SAVARIAT et son pére Louis Léon SAVARIAT